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Du
sexe dans l’espace ?
Les astronautes russes et américains auraient-ils jamais pris leur pied
en orbite? Cette sulfureuse question est aujourd’hui une véritable légende
cosmique.
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Celle-ci s’enflamma littéralement suite à
la parution en 2000 du livre La Dernière Mission : Mir,
l’aventure humaine (Ed. Calmann-Lévy) de Pierre Kohler.
L’ex-astronaute français rapporta alors que la Nasa étudiait la
faisabilité de dix positions sexuelles durant une mission à bord de la
station Mir en 1996. La Nasa nia fortement toute tentative en ce sens.
Le Dr Valery Bogomolov, directeur de l’Institut russe des
sciences médicales spatiales affecté auprès de l’agence russe, fut
encore plus véhément : « Je n’ai jamais
entendu parler de relations sexuelles en orbite. Aucune expérimentation
à cette fin n’a été menée dans nos vaisseaux et rien ne relate
qu’il y ait eu des rapports sexuels au sein de nos équipages. Les
cosmonautes sont certes des êtres humains comme les autres, mais la
question sexuelle ne constitue pas enjeu pour la médecine spatiale russe
». (Interfax) |
Par la suite, Kohler affirma à
Space.com que ses documents sources étaient peut-être frauduleux, mais qu’il
avait vérifié leur validité auprès du sexologue Ray Noonan, rédacteur
d’une thèse de doctorat sur les questions sexuelles dans l’espace. Ce
dernier nia également en bloc, déclarant que les coquineries spatiales
n’occupent qu’une page de son étude. L’ex-spationaute français insista néanmoins
sur la très forte éventualité de relations érotiques en orbite. Des dénégations
de la Nasa et de la FKA aux turpitudes de Kohler et Noonan, il n’en fallut pas
plus aux newsgroups pour nourrir d’orbitales spéculations ; de surcroît
à une époque ou le grand public découvrait encore internet.
L’allongement progressif des
missions spatiales et la mixité croissante des équipages soulèvent
effectivement la question des relations intimes dans les étoiles. Pour
l’instant, la Nasa demeure restrictive sur ce point. Mais, qu’en sera-t-il
lors d’un vol habité vers Mars qui durerait au bas mot une année ?
L’agence états-unienne estime que la présence d’un couple au sein d’une
navette spatiale ou de l’ISS affecterait gravement la dynamique de groupe.
Toutefois, une exception fut faite pour Jan Davis et Mark Lee en 1991 qui se
marièrent très peu avant d’embarquer dans le Shuttle. Les deux
astronautes refusèrent de faire état - à juste titre - de la teneur de leur
relation à bord de l’appareil. Des rumeurs circulèrent également sur la
nature des rapports entre Elena Kondakova et Valery Polyakov en 1990 dans la
station Mir, filmés en train de se tenir par la main. Comme son
homologue yankee, le couple cosmonaute garda le silence.
Toutefois, de nombreux facteurs ne
semblent guère propices à quelque sensualité prononcée à bord d’une
station ou d’une navette spatiale. Le mode de vie en orbite est plus proche
d’une caserne de commandos que d’une aventure de télé-réalité ; une
culture héritée d’une exploration spatiale exclusivement militaire à ses débuts,
mais une discipline indispensable lors de situations critiques où le recours à
une aide extérieure est impossible. Lorsque le feu prit à bord de Mir,
le mental d’acier de l’équipage permit considérablement d’éviter le
pire. Pensez donc à votre « pétage de plombs » quand une petite
fumée s’échappe de votre voiture, pacotille roulante de quelques milliers
d’euros face à un bijou de
plusieurs milliards de dollars à 300 km d’altitude...
Certes, les quelques astronautes
ayant volé dans la navette spatiale et sur l’ISS/Mir admettent que
l’ambiance est beaucoup plus détendue dans une station que dans un Shuttle.
Dans le premier cas, les missions durent
très souvent plus d’un trimestre, dans le second, tout au plus quinze jours
durant lesquels la compression des tâches (recherche, maintenance, expérimentation,
gestion du vol, etc.) et la gestion inhérente du stress prennent toutes leurs
significations.
Quant
à l’intimité, il faut faire une croix dessus. Le cockpit et l’habitacle
d’une navette sont chacun à peine plus grands qu’un petit bureau, la cabine
de douche peut tout juste contenir une personne. Le module d’une station
spatiale n’est qu’un cagibi vertical saturé de diodes, de manettes, de
boutons et tiroirs ; les lits verticaux et leurs draps sanglés de maintien
- apesanteur oblige ! - ne sont guère adaptés aux fricotages. Un parloir ?
« Was ist das ? »
Même
les spationautes expérimentés connaissent régulièrement des nausées, effets
secondaires de la gravité zéro... Pas très glamour. La transpiration générée
pendant un rapport sexuel sera aussitôt dispersée par l’apesanteur en
petites bulles sphériques flottantes à travers tout le vaisseau. Ici, je ne
mentionne que les gouttes de sueur. Féerique ? Last but not
least, la gravité zéro provoque une sévère
hypotension artérielle et un ramollissement musculaire chronique... Pour ce qui
est du reste, je vous laisse conclure.
De
toute façon, dans l’espace, personne ne vous entend hurler. Cependant,
personne ne vous empêchera de le faire.
« Houston,
vous me recevez ? »
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